Technique
La plupart de mes photographies d’architecture sont réalisées avec deux objectifs à décentrement et bascule : le Canon TS-E 17 mm f/4L et le Canon TS-E 24 mm f/3,5L II. Ces optiques reprennent, sur un appareil reflex ou hybride, les mouvements des chambres photographiques grand format.
Les lignes fuyantes
Pour cadrer un bâtiment en entier, on est tenté de lever l’appareil. Le capteur n’est alors plus parallèle à la façade et les verticales convergent vers le haut : le bâtiment semble basculer vers l’arrière. Ce défaut peut être corrigé en retouche, mais au prix d’un recadrage et d’une perte de définition dans les zones étirées.
Le décentrement
Le décentrement permet de garder l’appareil parfaitement de niveau, le capteur parallèle à la façade, et de déplacer l’objectif vers le haut pour inclure le sommet de l’édifice. Les verticales restent verticales dès la prise de vue.
Appliqué latéralement, le même mouvement permet de photographier une façade de face en se tenant légèrement de côté, ou d’assembler plusieurs vues pour obtenir un champ plus large, sans déformation.
La bascule
La bascule incline l’objectif par rapport au capteur et modifie ainsi l’orientation du plan de netteté. Elle permet par exemple d’obtenir une netteté continue du premier plan à l’infini sur un sol ou une façade fuyante, sans fermer excessivement le diaphragme. Utilisée à l’inverse, elle limite la netteté à une zone précise de l’image.
Les deux objectifs
Canon TS-E 17 mm f/4L. C’est l’un des angles de champ les plus larges disponibles avec ce type de mouvements. Je l’utilise pour les intérieurs, comme les halls de gare, et pour les bâtiments que l’on ne peut photographier qu’avec peu de recul. Il offre un décentrement de 12 mm et une bascule de 6,5 degrés, deux mouvements que l’on peut orienter indépendamment l’un de l’autre. Sa lentille frontale bombée ne permet pas de visser un filtre : les poses longues demandent un porte-filtre spécifique.
Canon TS-E 24 mm f/3,5L II. Plus polyvalent, il donne une perspective plus naturelle, proche de ce que perçoit l’œil face à une façade. Il offre le même décentrement de 12 mm et une bascule plus ample, de 8,5 degrés. Contrairement au 17 mm, il accepte des filtres vissés directement à l’avant.
Une façon de travailler
Ces objectifs n’ont pas d’autofocus et chaque image se prépare : trépied, mise à niveau, réglage des mouvements, mise au point manuelle. Cette lenteur fait partie de ma démarche. Elle oblige à observer le bâtiment, la lumière et le cadrage avant de déclencher.